MALIK DJOUDI

VENDREDI 13 MARS – 21H / MALIK DJOUDI – Concert

 1h15 – Tout public

Révélation 2017 avec son premier disque solo, tout naturellement titré Un et porté par les singles tubesques Sous garantie et Cinéma, Malik Djoudi offre un successeur au titre programmatique : Tempéraments. Caractère bien trempé au charisme inné, le natif de Poitiers publie onze nouvelles chansons, à la fois instantanées et ambitieuses, hypnotiques et entêtantes, référencées et affranchies. Il y a encore trois ans, au retour d’un voyage initiatique au Vietnam sur les terres maternelles, le chanteur et musicien autodidacte s’imagine un futur conditionnel, en écrivant huit chansons en français qui trouveront l’écho critique et public que l’on sait. Grâce à ce disque, d’abord autoproduit puis publié sur le label Cinq7 (Dominique A, Katerine, Bertrand Belin), Malik Djoudi multiplie les concerts et joue dans les festivals les plus en vue de l’Hexagone (Nuits de Fourvière, Francofolies, Pete The Monkey, MIDI Festival, Biarritz en été, Rock en Seine, Coconut Festival…).

Plutôt que de se reposer sur ses lauriers, Malik Djoudi décide d’enchaîner avec un second album, parallèlement à une tournée marathon. L’été dernier, avec Amaury Ranger (Frànçois & The Atlas Mountains), il trouve refuge outre-Manche dans le studio d’Ash Workman, ingénieur du son courtisé et mixeur aux idées larges (Metronomy, Christine And The Queens, Baxter Dury), pour confectionner la suite. Creusant le sillon d’une chanson électronique et d’une pop synthétique, Malik Djoudi a souhaité faire autrement (pour paraphraser l’intitulé du deuxième index) – il avait écrit, composé, produit et mixé Un tout seul. « Mon premier album me paraît aujourd’hui presque étranger. Je serai bien incapable de le refaire de cette manière-là. Pour Tempéraments, je suis simplement parti d’une feuille blanche, avant de me confronter à la culture anglo-saxonne… »

Inspiré inconsciemment – autant par le traitement des guitares de Connan Mockasin que par le son des synthés de James Blake –, Malik Djoudi compose indifféremment à la guitare ou au clavier. Les accords, les mélodies, les harmonies sont le moteur de sa création. « Je prends mon activité très au sérieux. C’est quand même un rêve d’enfant que je vis éveillé depuis ma signature chez Cinq7 au printemps 2017. Selon moi, une chanson, c’est comme une peinture : chaque détail compte. Je peux passer six mois pour trouver les trois mots qui manquent dans le texte d’une chanson. La musique, les paroles, les respirations et le placement des instruments sont tout aussi importants. » Méticuleux, perfectionniste et obsessionnel, il peaufine alors ses morceaux à en passer des nuits blanches. Tempéraments brille par son éclat mélodique, ses arrangements audacieux, sa voix androgyne, ses mots bleus. Certaines strophes font instantanément mouche : « J’lésine en bleu jean » (Tempérament), « Me sentir autrement, comme quand j’avais vingt ans » (Autrement) ; « Épouser la nuit pour aller plus haut » (Épouser la nuit) ; « J’aime quand tu t’agites, tu ressuscites » (Aussi jolie) ; « Folie douce au carré » (Folie douce). Ses paroles sont largement autobiographiques, entre rêves d’insouciance et destinées sentimentales.

Découpé en deux faces distinctes et réalisé par lui-même, Tempéraments varie savamment les tonalités (la ballade languide de Dis-moi qu’t’y penses) comme les ambiances (l’electro saccadée de Belles sueurs), les humeurs (la plage contemplative Histoires d’autres) comme les couleurs (l’imparable pop song Aussi jolie et ses chœurs célestes). En adepte de la synesthésie, Malik Djoudi évoque le rouge pour ce second album, contre le bleu pour le précédent. Une explication colorée qui préserve ainsi un certain mystère. « Je n’ai pas envie de tout expliquer, les chansons doivent garder leur magie poétique et, quelque part, elles ne m’appartiennent plus. J’en suis à la fois le chef d’orchestre et le réceptacle. C’est pareil sur scène pour mieux lâcher prise. » Dans un paysage hexagonal foisonnant, où l’émulation joue à plein entre les intéressés, Malik Djoudi partage des affinités électives avec Étienne Daho, Frànçois & The Atlas Mountains ou encore Flavien Berger. Comptant parmi les meilleurs ambassadeurs de la pop francophone, Malik Djoudi affirme sa belle singularité, son magnétisme touchant et sa voix unique, faisant déjà de lui un chanteur moderne et important de l’époque.

 

 

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